[i555]                                                DE LA VILLE
Ladite Compaignée assemblée, a esté faitte lecture des mandez de chascun quartier de lad. Ville en nombre.de huit; et pour ce que, après lad. lecture faitte, s'est trouvé plusieurs deffaillans, le procureur du Roy et de lad. Ville a persisté es conclusions qu'il avoit prinses en la derniere Assemblée generalle'1', à ce que lesd, deffaillans feussent declairez privez de leur privillege de bourgeoisye.
Et sur ce, led. Prevost des Marchans a demandé les avis et oppinyons des assistans; par l'avis et op-pinyon.de la pluralité desquelz a esté deliberé et conclud que l'on ne devoit condempner lesd, deffail­lans sans les oyr, mais bien estre mandez par lesd. Prevost des Marchans et Eschevins, pour, eulx oyz, en estre ordonné comme de raison, attendu que l'on ne scet leurs exoynes ou excuses, aussi si l'on a parlé à eulx et si l'on a esté en leurs maisons, et que pendant que l'on a oppiné sur leur deffault, est arrivée grande partie desd, deffaillans ; aussi que cy après, quant l'on fera Assemblée, les Quarteniers seront tenuz de savoir si les personnes qu'ilz appel­leront seront en ceste ville et s'ilz ont excuses de ne se trouver, affin d'en prendre d'autres en leur lieu.
Ce faict, led. Sr Prevost des Marchans a faict en­tendre à la Compaignée le discours de son voyage faict à la Court du Roy en la compaignée de : sire Jehan Lescalopier, Eschevin de lad. Ville ; m* Tho­mas de Bragelongne, Conseiller du Roy auChastelet de Paris, conseiller de lad. Ville et Lieutenant ge­neral de lad. Prevosté des Marchans; led. sr Denis Berthelemy, aussi Conseiller de lad. Ville; et me François de Vigny, Procureur en la Chambre des Comptes; pour faire les remonstrances et requestes aud Sgr suyvant la deliberation faitte en la derniere Assemblée faitte en lad. Ville, touchant les ix" m. livres demandez par le Roy à lad. Ville pour partie de la soulde des cinquante mil hommes de pied que le Roy veult lever pour le faict de ses guerres.
Et que le mardi xvc jour de ce present moys de Janvier, ilz arrivèrent à la Court.estant à Sainct Germain en Laye; et ced. jour parlèrent à Monsei­gneur le Connestable pour les presenter au Roy,- ce qu'i leur accorda.
Et le landemain mercredi au malin, se trou­verent au lever du Roy où estoient Messeigneurs les duc de Vendosmois, les Cardinal de Lorraine el duc de Guise, Monseigneur le Connestable, Monseigneur
DEPARIS.                                                    '351
le Mareschal de Sainct André, Monsr le Garde des Seaulx, et plusieurs des Secretaires des Finances du Roy.
Après avoir fait, par les. dessusd, la reverence au Roy, led. Sr Prevost des Marchans feist entendre aud. S-rque, après avoir receu Lettres patentes concer­nans lad. somme de ix" «.livres tournois qu'il de-mandoit à lad. Ville pour partie de la soulde desd. l m. hommes de pied qu'il veult et entend estre em­ployez en son service en ceste presente année, que l'on avoit faict Assemblée generale en sa bonne Ville dc Paris de partie de ses Conseillers et Officiers de ses cours de Parlement, Chambre des Comptes, Generaulx de la Justice; nobles, bourgeois et mar­chans de lad.- Ville; dc l'Evesque et Chappitre dc Paris; de l'Université de Paris; des Abbez de Saincte Geneviefve, Sainct Victor, Sainct Germain des Prez et Sainct Magloire; des Prieurs des Chartreux, dés Celestins, Sainct Martin des Champs el Sainct Ladre; des Conseillers, Quarteniers, ct huit notables bourgeois et marchans de chascun quartier, don), partie estoient de ses autres Officiers; ct quc après lecture desd, lettres et remonstrances faittes par led. Sp Prevost-à la Compaignée des affaires du Roy, fut declairé par tous ceulx dela Compaignée qu'il estoit raisonnable d'ayder au Roy, veu ses affaires; toutes foys qu'il estoit requis et avoit esté conclud unani­mement et à vive voix et tout d'une voix en lad. As­semblée que l'on luy feroit les remonstrances qui furent dittes aud. Sr Prevost; lequel pour, ce faire fut delegué par lad. Compaignée avec les dessusd, estans avec luy, supplians trés humblement le Roy les bien prandre et recevoir, qui estoient telles.
Remonstrances faittes au Roy.
«Que depuis huit ou dix ans en ça lesd, subjeelz et habitans de la ville de Paris ont baillé et fourny pour ses affaires la somme de trois millions cent mille francs, dont les bourses desd, habitans sub­jeelz sont demourez bien vuidés.
«Item, que.au moyen des guerres qui ont esté et sont encores, lesd, subjectz, marchans et bourgeois de lad. Ville qui soulloient mener le train et traf-ficque de marchandise ne l'ont peu faire, tellement qu'ilz n'ont riens gaigné et Ieur a convenu vivre de si peu dé bien qu'il a pleu à Dieu leur donner.
«Item', aussi par le moyen des juges et officiers presidiaulx erigez de nouvel par. led. S-r en ses pro-
O Tenue le 4 janvier 1555 : ci-dessus ait. DCLV, page 3/17.